Impossible de rater le "petit" nouveau de 1 mètre 91,
aux parades aussi salvatrices que ses yeux sont bleus.
Muriel et Émilie : Qu'est-ce que tu attends
de tes futures années, sûrement nombreuses à Montpellier
?
Thierry Omeyer : Déjà me forger un palmarès,
gagner des titres, progresser parce que c'est une grosse équipe
et en plus, on joue la Coupe d'Europe. J'espère me parfaire dans
les domaines où j'ai encore du travail à effectuer.
M&E : Les prochains mois à Montpellier,
notamment en Coupe d'Europe, tu imagines ça comment ? ?
Thierry : J'espère que ça va être LES
prochains mois ! Ça voudra dire qu'on aura gagner contre Zaporozhye.
C'est vrai qu'on a un premier tour difficile et il va falloir cravacher
pour le passer même si on n'a pas eu le temps de trop se préparer,
vu qu'il y avait beaucoup de gens à Sydney. Ça va être
dur dimanche mais il va falloir faire le maximum pour avoir un avantage
assez conséquent pour aller en Ukraine sereinement.
M&E : Quel est pour toi le point fort du MHB ?
Thierry : Sa défense puis ses montées de balle.
En plus, je dirais aussi que c'est le physique parce que tout le monde
est très fort et peut tenir facilement une heure. Les équipes
qu'on rencontre arrivent à nous accrocher, enfin, de ce que j'ai
vu des matchs de l'année dernière ou du match de ce soir,
pendant demi-heure. Mais ils jouent à 120 % de leurs moyens et
nous on arrive à maintenir 100 % pendant 1 heure.
M&E : Et son point faible ?
Thierry : Peut-être le fait qu'il y ait beaucoup d'individualités.
La cohésion n'est pas encore parfaite, l'individu peut parfois
nuire au collectif. Tout le monde veut jouer, c'est normal c'est un
grand club mais il faut savoir suivre le collectif.
M&E : Les Jeux, ton avis ?
Thierry : Petite déception quand même. Moi,
j'ai suivi les Jeux de la télé mais j'avais fait la préparation
avec le groupe donc je les connais assez bien et je pense qu'ils avaient
largement les moyens d'aller chercher une médaille. Il a manqué
quelque chose, je ne sais pas quoi. L'envie, on l'a forcément
quand on est aux Jeux. On est passé à côté
du match contre la Yougoslavie et je pense que ça restera une
grosse déception pour tous ceux qui ont participé à
cette aventure.
M&E : Tu penses que c'est un peu à cause
de tout le monde ou de quelqu'un en particulier ?
Thierry : ... Il y a certains choix que je n'ai pas compris
mais le problème est venu d'un ensemble et c'est un tout qui
a fait que ça n'a pas marché.
M&E : 2001, le Mondial en France, quelles sont
pour toi les chances de l'équipe de France ?
Thierry : On peut largement envisager une médaille.
Il va falloir se servir de ce qui s'est passé à Sydney
pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. On aura un gros public
derrière nous, dans toutes les salles de France il sera présent.
Il va falloir lui faire plaisir et nous faire plaisir, aller chercher
cette finale que tout le monde attend.
M&E : Quel est ton meilleur souvenir de handball
?
Thierry : Pour l'instant, la 3e place au Mondial Espoir il
y a 3 ans maintenant, où on avait un super groupe. Décrocher
une médaille, c'est quelque chose qu'on aura toujours et que
personne ne nous enlèvera. C'était l'aboutissement de
2 années de travail, ça restera un grand moment, comme
ma première sélection en équipe de France.
M&E : Et le pire ?
Thierry : La descente en D2 avec Sélestat il y a 5
ou 6 ans. C'est pas évident à vivre de l'intérieur.
On a eu la chance de remonter tout de suite mais une descente n'est
jamais facile à vivre.
M&E : Est-ce que tu as un joueur modèle,
une idole ?
Thierry : J'ai toujours adoré un garçon comme
Lavrov qui a su durer 20 ans au plus haut niveau. Il y a pas mal de
gardien dont j'ai observé le jeu pour me parfaire.
M&E : Alors Lavrov, meilleur joueur du monde ?
Thierry : Je pense que c'est le meilleur gardien sur une
longue période.
M&E : Les supporters de Montpellier, qu'est-ce
que tu attends de nous ?
Thierry : Comme toute l'équipe, que les supporters
soient derrière nous dans les mauvais comme dans les bons moments.
J'espère qu'il y aura plus de bons que de mauvais ! Le public
est important, c'est ce qui nous pousse à nous sublimer, à
faire plus que ce qu'on réponde à ses attentes et c'est
à nous de faire en sorte que le public soit satisfait.
M&E : Le championnat français, qu'est-ce
que tu en penses, ton pronostic ?
Thierry : Je ne vais pas dire que Montpellier ne sera pas
champion de France, parce que c'est notre objectif. J'ai l'impression
que toutes les équipes se sont renforcées. Le championnat
va être plus serré. L'année dernière, il
l'a été de la 3e à la 12e place.
M&E : Justement, tu penses que le 3e peut se rapprocher
du second ?
Thierry : Oui mais j'espère que le second se sera
éloigné du premier. Ça va être un championnat
intéressant, avec Montpellier Champion de France.
M&E : Et en Coupe ?
Thierry : Disons que ça arrivera tard dans la saison.
On aura déjà joué les équipes, je ne les
connais pas toutes pour l'instant donc je pourrai en parler plus tard.
M&E : Les quatre dernières questions : ton
plat préféré ?
Thierry : Les endives au jambon. J'aime un peu tout moi.
M&E : Ta boisson préférée
?
Thierry : Je vais dire la bière, comme je suis alsacien.
M&E : Film ?
Thierry : Le dîner de cons.
M&E : Et pour finir, est-ce que tu as une salopette
?
Thierry : Non.
M&E : C'était presque parfait !! Merci et
bonne saison.